Journée internationale de la fille : Julie Gbanmeton : de survivante à combattante
Victime de violences sexuelles à 11 ans, devenue militante des droits humains, Julie Gbanmeton a transformé son traumatisme en force d’engagement. Étudiante en droit à l’Université de Parakou, dans le nord du Bénin, elle dirige une organisation qui œuvre pour la défense des femmes et des enfants. À l’occasion de la Journée internationale de la fille, célébrée ce 11 octobre 2026,

son parcours porte un message de résilience et de responsabilité. À 26 ans, Julie Gbanmeton refuse que les violences subies pendant son enfance définissent son existence. Bien au contraire, elle en a fait le point de départ d’un combat pour les droits humains. Alors qu’elle s’apprête à soutenir son mémoire de master en droit à l’Université de Parakou, cette jeune Béninoise poursuit son engagement en faveur des femmes et des enfants.
En effet, son combat commence à 11 ans. Confiée à un homme connu de ses parents, elle est victime de viol pendant son sommeil. Malgré son jeune âge et l’absence de téléphone, elle trouve la force de sortir dans la nuit pour chercher de l’aide auprès de douaniers. Son agresseur est arrêté, puis condamné à cinq ans d’emprisonnement à l’issue d’une procédure judiciaire. « J’ai commencé à m’engager pour les droits humains dès mes 11 ans parce que j’ai vécu des violences », témoigne-t-elle. Cette première démarche marque le début d’une détermination à combattre les injustices.
Un engagement au service des autres
À 17 ans, Julie tombe enceinte alors qu’elle est encore au lycée. Soutenue par ses parents, elle poursuit son chemin malgré les préjugés. Aujourd’hui mère d’une fille de neuf ans, elle assume son histoire et choisit désormais d’en parler publiquement pour sensibiliser les jeunes filles.
Depuis 2023, elle dirige l’association Femmes guerrières d’Afrique pour le développement, qui compte plus de 50 membres au Bénin et au Togo. Autonomisation des femmes, lutte contre les violences basées sur le genre et promotion des droits des enfants figurent parmi ses principaux axes d’action. En 2024, Amnesty International Bénin l’a distinguée comme « Étoile des droits humains ». En 2025, elle a notamment participé à des campagnes de sensibilisation sur les violences basées sur le genre et la prévention des grossesses précoces à Djougou. À travers son initiative « Voix d’enfants, voix d’espoir », Julie veut aider les enfants à connaître leurs droits et à s’exprimer en public.
À l’occasion de la Journée internationale de la fille, son message est sans équivoque : « L’heure a sonné pour nous les filles et les femmes du Bénin de briller, de connaître nos droits et de les défendre ». Pour elle, aucune construction durable du pays ne peut se faire sans la participation pleine et entière des filles et des femmes.
ASG











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