Conflit au Yémen : les attaques Houthis contre l’Arabie saoudite font craindre une escalade régionale
De nouvelles attaques attribuées aux rebelles houthis du Yémen ont visé des infrastructures civiles en Arabie saoudite, notamment l’aéroport international de Riyad. La multiplication de ces incidents, sur fond de reprise des hostilités, fait redouter un élargissement du conflit au Moyen-Orient.

L’Arabie saoudite est confrontée à une nouvelle vague de violences en provenance du Yémen. Le 10 octobre 2026, une attaque de missile contre un terminal de l’aéroport international du roi Khaled, à Riyad, a fait au moins 12 morts et plus de 300 blessés, selon les informations rapportées par la presse internationale. Un citoyen américain figure parmi les victimes. Le lendemain, un nouveau projectile a frappé le même terminal, renforçant les inquiétudes sur la sécurité des infrastructures civiles.
Les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, ont revendiqué des attaques contre des aéroports saoudiens. Ces violences s’inscrivent dans la reprise des affrontements entre le mouvement armé et les forces gouvernementales yéménites soutenues par Riyad, après la dégradation de la trêve négociée sous l’égide des Nations unies en 2022.
Les Nations unies ont condamné les attaques visant les infrastructures civiles. Dans une déclaration publiée le 11 octobre, l’envoyé spécial du secrétaire général pour le Yémen, Hans Grundberg, a dénoncé les frappes contre le territoire saoudien et appelé à la désescalade.
Trump envisage une intervention américaine aux côtés de Riyad
Le président américain Donald Trump a qualifié l’attaque de « terrible » et laissé ouverte la possibilité d’une participation militaire américaine aux opérations saoudiennes contre les Houthis. « Nous pourrions le faire. Nous allons examiner la question », a-t-il déclaré à la presse, selon Al Jazeera. Il a également annoncé son intention de s’entretenir avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.
Cette position marque une évolution par rapport à septembre. D’après le média américain Axios, Trump avait alors écarté des frappes directes contre les Houthis, malgré les demandes de Riyad, privilégiant le partage de renseignements et l’assistance au ciblage.
Un risque d’embrasement régional
Depuis la reprise des hostilités, les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l’Arabie saoudite, affrontent les Houthis, un mouvement armé soutenu par l’Iran. Les combats se concentrent notamment autour de territoires stratégiques proches du détroit de Bab el-Mandeb.
Une intervention américaine pourrait renforcer la capacité militaire de Riyad, mais aussi élargir le conflit et accentuer indirectement les tensions entre Washington et Téhéran. La sécurité de la navigation en mer Rouge constitue également un enjeu majeur, tant pour les échanges internationaux que pour les économies riveraines. Dans ce contexte, une nouvelle campagne militaire pourrait compliquer les efforts de désescalade et aggraver les conséquences économiques et humanitaires d’un conflit déjà prolongé.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU











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