Nigeria : les survivants racontent l’horreur dans une cellule de Minna
Trente-sept détenus sont morts vendredi dans une cellule de l'agence paramilitaire fédérale (NSCDC), à Minna, après leur arrestation dans le cadre d’une opération contre l’exploitation illégale de l’or. Dans un reportage publié mardi 22 septembre, Reuters rapporte les témoignages de trois survivants qui affirment qu’une substance non identifiée a été pulvérisée dans la cellule avant que les porte

Selon Adamu Isah, 22 ans, environ 17 personnes avaient d’abord été enfermées dans une cellule d’environ cinq mètres carrés, dotée d’une petite fenêtre. Près de 50 autres détenus auraient ensuite été conduits dans le même espace. Les prisonniers auraient protesté contre la chaleur et la surpopulation.
Peu après, des agents auraient pulvérisé une substance sous la porte. Isah raconte qu’environ une heure plus tard, certains détenus ont commencé à se comporter de manière inhabituelle avant de perdre connaissance. « Puis, un par un, ils ont commencé à mourir », rapporte Reuters. Un autre survivant affirme que le produit ressemblait à du parfum et provoquait des démangeaisons à la gorge et des difficultés respiratoires.
Reuters souligne toutefois que ces récits n’ont pas pu être vérifiés indépendamment et que la nature du produit reste inconnue. La NSCDC avait d’abord évoqué une possible épidémie avant de reconnaître que la cause des décès n’était pas établie.
Le gouverneur de l’État du Niger, Umar Bago, a indiqué que certains corps présentaient de la mousse mêlée de sang dans la bouche et des signes de brûlures ou de desquamation. Il a évoqué plusieurs hypothèses, dont une exposition à des substances toxiques, tout en appelant à attendre les résultats des examens médico-légaux.
Face à l’émotion et aux manifestations à Minna, le président Bola Tinubu a ordonné une enquête et plusieurs responsables de la NSCDC dont le commandant de l'État du Niger ont été suspendus. Les investigations doivent désormais déterminer les circonstances exactes de la mort des 37 détenus.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU









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