Alimentation au Bénin : Le "Zomi" : l'huile de la mort fortement déconseillée

Très présente dans les habitudes culinaires béninoises, l’huile rouge occupe une place de choix dans plusieurs plats traditionnels. Mais entre l’huile de palme rouge naturelle et le « Zomi », obtenu après une transformation poussée et une forte chauffe, la différence mérite d’être connue. Des spécialistes alertent sur les effets d’une consommation excessive du produit transformé, tandis que les consommateurs restent attachés à son goût particulier.
Au Bénin, difficile de parler de certaines spécialités culinaires sans évoquer l’huile rouge. Utilisée notamment dans les sauces, les haricots ou encore le crin-crin, elle accompagne quotidiennement les repas de nombreuses familles. Mais derrière cette habitude se cache une distinction importante entre l’huile rouge de palme naturelle et le « Zomi », une huile rouge ayant subi une transformation et une forte chauffe.
En effet, le Professeur Charles Sossa, Directeur de la Nutrition à l’Agence nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (ANAN), appelle à la prudence face à la consommation excessive du « Zomi ». Selon lui, l’huile rouge naturelle contient des éléments nutritifs intéressants, notamment des précurseurs de la vitamine A. En revanche, les opérations de transformation et de chauffage peuvent entraîner une diminution de certains de ces éléments. « Il est recommandé qu'on consomme de l'huile rouge naturelle. Mais l'huile rouge transformée, qu'on appelle "Zomi", le fait de l'avoir transformée réduit la teneur en ces éléments. Par conséquent, il ne faut pas en consommer de manière abusive », conseille le Professeur Charles Sossa.
Une huile très présente dans les habitudes
Cette recommandation intervient alors que le « Zomi » reste particulièrement apprécié dans plusieurs localités du pays. Pour certains consommateurs, son goût et sa couleur sont presque indissociables de certains mets traditionnels.« Moi, quand je veux faire la sauce de légumes ou crin-crin par exemple, j'utilise toujours l'huile rouge mais aussi parfois du Zomi. Mon homme aime ça donc toute la famille en consomme », témoigne Floriane.
Même constat chez Gloria, pour qui l'huile rouge demeure incontournable. « Pour moi, l'huile rouge est indispensable dans la cuisine d'une femme. S'il y a des conséquences néfastes sur la santé, j'en sais rien. Mais on aime en consommer », confie-t-elle. Martin, étudiant originaire de Lokossa, reconnaît quant à lui une consommation régulière. « Je prends le "Zomi" au moins quatre fois dans une semaine puisque je suis de Lokossa. Je ne peux pas manger de l'haricot sans l'huile rouge. C'est très délicieux », explique-t-il.
La modération comme recommandation
Pour Danielle Pliya qui est intervenue sur l'émission consacrée à la nutrition, il faut surtout distinguer l'huile rouge naturelle du produit fortement transformé. Elle qualifie le « Zomi » d'« huile de feu » et d'« huile de la mort », en raison de sa longue exposition au feu, et recommande de privilégier l'huile rouge naturelle. Elle évoque également une étude attribuée à un professeur, selon laquelle le Mono présenterait un taux important de cécité crépusculaire, en lien avec les habitudes de consommation d'huile rouge.
Face à ces préoccupations, le principe avancé par le spécialiste de la nutrition reste celui de la diversité alimentaire. Huiles d'arachide, de maïs, de soja et huile rouge de palme naturelle peuvent être consommées, mais sans excès, particulièrement lorsqu'il s'agit du « Zomi » fortement chauffé.
Gildas AHOGNI









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